BPJEPS Activités aquatiques et natation - Formation Apnée en profondeur - CREPS des Pays de la Loire

Dans le cadre de notre BPJEPS Activités aquatiques et natation, nous avons organisé une formation "Apnée en grande profondeur" sur 3 jours avec Philippe Loriette.

Suite à cette formation, voici le retour d'expérience des stagiaires :

"L'apnée est un sport exigeant et à risques (il fait parti des activités spécifiques nécessitant un DE pour pouvoir le faire pratiquer).

Mais se déroulant dans le milieu aquatique, il offre des possibilités de transfert de compétences immédiates et sans aucun doute bénéfiques pour la pratique de la natation ou tout autre sport aquatique. Si dans les pratiques sportives on est plus en recherche d'explosivité et de force, l'apnée fait plus appel à la concentration, au relâchement, à l'économie et à l'écoute de ses sensations.

Il existe différents types d’apnées, comme autant de disciplines à croiser dans l’amélioration globale de sa technique :
Statique (le visage seul immergé dans l’eau)
Dynamique (travail en longueur sous l’eau, avec ou sans palmes) constituent celles sur lesquelles on travaille le plus couramment.
L’apnée en vertical, à poids constant ou à poids variable, qui s’adressent à un public déjà plus expérimenté.

Pour bien travailler et améliorer son apnée, il faut donc, quel que soit son niveau, s’exercer sur les différentes disciplines comme autant de capacités à enrichir séparément : entre respiration, canard, techniques de propulsion, palmage et lestage, tout est question de concentration et de bon dosage.

Sécurité :
Point primordial et incontournable, la sécurité de l'apnéiste réside dans la règle de ne jamais le pratiquer seul. Ainsi, il faut fonctionner par binôme a minima et dans l'idéal avoir une sécurité de surface et de mi-profondeur avec contact jusqu'à la surfacer et dans les instants suivant la remise à l'air libre pour parer à tous risque de syncope.

Ainsi, nous avons appris à nous organiser en tant que groupe pour assurer la sécurité de celui qui plongeait.

Nous avons également appris les gestes pour empêcher une noyade par syncope (obstruction de la bouche), celle-ci intervenant généralement dans les derniers mètres sous la surface voir au même à l'air libre avec risque de basculement en position ventrale et inhalation d'eau.

La règle est donc simple, on ne pratique jamais l'apnée seul.

Dans cet optique, nous avons réalisé un parcours de sauvetage, avec 150m de nage suivis d'une récupération d'une dizaine de secondes, 1 première plongée à +/- 5m de repérage et de recherche, une remontée avec récupération de 10'' puis une 2e plongée avec la remontée d'un noyé et procédure anti-syncope.

Pour la préservation des tympans, nous avons vu les techniques de compensation (équilibrage de la pression au niveau des tympans), Valsalva (en se pinçant le nez, expirer légèrement par celui-ci), déglutition avec la langue collée au palet (manœuvre de Frenzel) ou encore serrer ou faire bouger les mâchoires. La consigne étant de pratiquer la compensation le plus tôt possible, de ne pas forcer si la compensation ne se faisait pas et de ne pas attendre d'avoir mal.

Enfin, pour les descentes la consigne était de ne pas s'écarter de la corde et d’ôter le tuba pour la remontée (procédure anti-syncope).

Techniques :

L'apnée fait bien évidemment appel à différentes techniques, ainsi nous avons pu voir le plongeon canard, l'importance du palmage et de l'alignement de la tête, la respiration (volumes d'inspiration) et vu plus haut, les manœuvres d’équilibrage (ou compensation).

Le plongeon canard va permettre, si il est bien réaliser, d'entamer la descente sans effort et de se retrouver à plusieurs mètres sous la surface sans avoir donné un coup de palme. Il consiste à être en position horizontale la tête sous l’eau les bras à l'équerre, de faire un angle droit avec les jambes (le buste « plonge » vers le bas en utilisant le gainage), puis de tendre le corps et de descendre le corps bien droit.

Le palmage est le battement régulier des jambes avec les palmes. On peut faire un palmage vertical ou en surface. Des mouvements amples et lents sont recommandés pour l’apnée. Il sert aussi à s'extraire de la surface de l'eau (lutte contre la poussée d'Archimède) et de la pression de la profondeur.

Comme l'apnée est la capacité à retenir sa respiration sur une durée et/ou profondeur variable, la respiration et ses techniques de préservation de l'oxygène constituent la base de la progression. Ainsi, on oublie l'hyperventilation qui a pour effet d'augmenter le rythme cardiaque. Une respiration profonde, longue et lente sera préconisée favorisant les échanges gazeux et la décontraction. Il est aussi nécessaire d'utiliser les différents volumes (pulmonaire et abdominal) pour stocker le plus d'O2 possible. Enfin, lors de l'inspiration avant la descente, l'inspiration à 80% du volume maximum est recommandée. transmetteur inter costaux qui perturbe le cerveau
sensation de bien être en profondeur du à la pression
relâchement, décontraction, atteindre un état de bien être, sérénité

Matériel :

L'importance d'un matériel personnel de bonne qualité et adéquat permet de progresser et de se sentir plus à l'aise et d'éliminer les problèmes superflus. Le masque et le tuba pour respirer confortablement en surface, assurer les phases de sécurités et se repérer en profondeur. Les palmes pour s'extraire de la surface et de la profondeur sans efforts inutiles et avec efficacité. Enfin la combinaison pour ne pas subir le froid et pouvoir se détendre au maximum.
Nous avons pu travailler sur divers atelier comme la gueuse lourde, la gueuse légère et les différentes plateformes (5, 8, 10, 15 et 20m) et engins immergés (bateau, bus...).

La gueuse permet de descendre sans effort (le poids nous aspirant au fond) et de se concentrer sur ses sensations, sa compensation et son hydrodynamisme.
Les plateformes et divers engins immergés permettent de travailler par palier de progression, de réaliser des apnées dynamiques en profondeur (en plus de la descente et de la remontée), d'apporter de l’intérêt par l'exploration et de travailler sur le repérage dans les 3 dimensions tout en restant en sécurité et ne pas aller au delà de ses capacités.

Progression, transversalité et pédagogie :

Bien sur l'apnée nécessite d'y aller progressivement sous peine de se mettre en danger et de se frustrer car la difficulté est trop importante, le stress également avec une préparation mentale incomplète.

Nous avons donc commencé par une série d'échauffements en descente verticale tête en haut, pour se focaliser sur sa compensation et habituer ces oreilles aux problèmes d'équilibrage de pression. L'exercice a permis aussi de voir les premiers effets sur le corps d'une descente en faible profondeur et de commencer à écouter ses sensations.

Puis nous avons réalisé des descentes tête en bas (avec les bras et contact visuel de la corde) pour aller plus profond et à nouveau pousser un peu plus le travail sur le tympan. Il a été nécessaire d'entamer l'intériorisation et l'attitude de détachement/décontraction du corps et de l'esprit pour pouvoir pousser plus loin (si l'équilibrage se faisait correctement voir naturellement).

Puis le plongeon canard a été abordé pour perfectionner le début de la descente et ainsi quelques mètres de plus sans effort.

En ce qui concerne la transversalité avec les autres disciplines de la natation, on retrouve la sécurité liée au milieu aquatique, les notions d'alignement (rentrer la tête comme pour les coulées, le plongeon ou pour la nage), le contrôle de la respiration favorisant la décontraction et de la capacité à la retenir un certain temps (virage et coulée par exemple). Enfin, l'apnée favorise le renforcement de la capacité aérobie en augmentant les capacités respiratoires et la gestion de l'effort avec un apport en 02 limité.

Pour la pédagogie, il faut bien insister sur la sécurité absolue, la progressivité, la décontraction par la respiration et le lâcher prise, le bien être physique et mental avant de partir pour une apnée et les notions de volumes respiratoire et les conséquences de la pression et la privation d'oxygène sur les informations (qui peuvent être contradictoire voire fausses) que reçoit et transmet le cerveau en terme de ressenti (bien être en profondeur, mauvaise analyse du cerveau si volume inspiratoire à 100%...).

Pour conclure, nous préconisons de refaire un stage en Guadeloupe pour se perfectionner et descendre plus bas. Nous sommes certains que Philippe appréciera! Au moins, on est sur d'avoir chaud et d'être détendus."

Un grand merci à Isabelle Briolet, Philippe Loriette et nos stagiaires pour leur implication dans cette formation.

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44319 Nantes CEDEX 3
Tél : 02 28 23 69 23

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